HISTORIQUE

Historique du Centre

« On dit souvent que l’histoire fut écrite par des hommes selon le journal La Gazette. Mais au Centre des femmes Solidaires et Engagées, ce sont les femmes qui écrivent l’histoire depuis 1978.
En effet, nous sommes à la fin des années 70. Notre communauté est en pleine expansion et fait preuve d’un grand activisme. La plupart des femmes de cette génération venues au pays, étaient ménagères, isolées et unilingues. Elles étaient aussi ouvrières, sous payées et mères de famille. Elles étaient enfin Italiennes, immigrantes très jeunes, engagées, universitaires et surtout idéalistes.

Dans cette même période, un groupe de jeunes intellectuels et personnalités engagés créent alors, l’Association de culture populaire italo-québécoise. Chaque semaine ils se réunissaient dans un local situé dans le quartier Villeray-St-Michel pour converser, écrire et promouvoir des idées et pour donner libre voix à notre communauté.
Parmi les membres de ce nouveau groupe, il y a des jeunes étudiantes universitaires telles que: Assunta Sauro devenue des années plus tard, la Directrice du Centre des Femmes et ce, durant 20 années.
Citation : Assunta Sauro, qui, racontait dans un témoignage, qu’ensemble, toutes ces femmes ont embarqué sur le ‘’navire’’ pour entreprendre un long voyage vers un nouvel horizon. Et ce navire dont je souhaite parler déclare-t-elle, ne traversait pas l’Océan. Ce fut en fait, le chemin de la prise de conscience, de la part de ces femmes : face à leurs problèmes et leur profond sentiment d’insatisfaction. Ce voyage leurs permettra de parcourir alors avec d’autres femmes, la route, la voie de l’espoir, vers un processus d’autonomie sur le plan affectif, social et économique et donc, d’avoir Le Courage de Rêver!
Enfin, en 1978 naît le Centre des Femmes Italiennes. Le 22 mars 1978, plus exactement, le Centre tient son premier Conseil d’administration composé par Isa Iasenza, présidente, Giuseppina Barbusci, Tiziana Carafa, Roberta Giorgetti, Sabina Lanzolla, Loretta Mazzocchi, Margherita Morsella, Marie Antoinette Simoncini et Dominique Venetico et Assunta Sauro.
Parmi les objectifs prioritaires, il y a celui de promouvoir le développement social des femmes dans la communauté italienne de Montréal et dans la société québécoise, mais aussi de favoriser l’adaptation des nouvelles arrivées dans la réalité du Québec.
Certes, le navire a quitté son port, Il est parti dans des directions incertaines, et dans les tempêtes parfois lourdes de conséquences, au cœur du changement social. Les luttes sociales commencées 10 ans plus tôt, étaient principalement locales et internationales, elles se poursuivaient avec acharnement, dans les années 70. Les tempêtes révolutionnaires animaient certains pays en voie de développement.
A travers le Canada et le Quebec, un large soutien militant s’est développé, par le biais de manifestations, ou de boycottages, les luttes contre le sexisme, contre la pauvreté, pour n’en nommer que quelques-uns, rendaient les eaux bouillonnantes…  Le Centre des Femmes italiennes de Montréal, entre-temps, continue d’être très actif et engagé dans plusieurs manifestations et pétitions pour faire respecter les droits des femmes immigrantes de Montréal. D’autres programmes et projets sont organisés pour contribuer à la croissance et à l’intégration des immigrantes dans la société québécoise.
Les années 80, ont été synonymes d’actions et de sensibilisation, sur le thème cette fois de la violence faite aux Femmes.
Un phénomène sociétal important au fil du temps.
En effet, en Février 1981, une importante conférence pour la communauté italienne s’est organisée sur le thème de la “Violence faite aux femmes ». Un sujet auquel la communauté fut très sensible parce que la violence aux femmes est un événement qui se vérifie souvent dans notre communauté, mais que les personnes impliquées, par peur ou honte, ne veulent pas aborder publiquement.
Il y eut aussi de la résistance ainsi que du boycottage de la part de certains membres de notre organisme ainsi que d’autres de la communauté.
Cependant, grâce à la détermination des organisatrices, un congrès a finalement, pu avoir lieu. Plusieurs articles ont été écrits et publiés sur ce sujet, entre autres sur le Bollettino del Centro Donne ainsi que sur le Cittadino Canadese, et Madame Pina Di Pasquale, actuelle directrice du Centre, et présente depuis plus de 21 ans, se rappelle encore le climat haineux et les critiques négatives envers plusieurs femmes pour la seule raison qu’elles étaient membres du Centre Femmes italiennes de Montréal. Nous verrons avec le temps, l’évolution et les changements de mentalité.
8 mars 1981, une autre date charnière (Journée officialisée au Nations Unies), le Centre des Femmes italiennes de Montréal organise, pour la première fois dans l’histoire de la communauté, la Journée Internationale des droits des Femmes, événement qui se célèbre depuis 1977 officialisée aux Nations Unies, encore aujourd’hui après plus de 40 ans.
De 1985 à 1995 le Centre des Femmes continue d’être un lieu de rencontre, de soutien et d’activités pour les femmes qui veulent sortir de l’isolement.
De 1996 à 2003, le Centre a vu une augmentation continue des demandes d’intervention provenant des femmes de la communauté et plusieurs comités se sont formés: la santé, les droits, l’art, le théâtre, l’artisanat, le journal (L’Altra Faccia Della Luna) et d’autres actions collectives. Tout cela est rendu possible grâce à la participation toujours plus nombreuse de femmes bénévoles.
Restant fidèle à sa mission de sensibiliser la communauté sur la violence faite aux femmes, le Centre a adopté des moyens novateurs pour arriver à ces objectifs.  Une pièce de théâtre, La Bella Figura, fut réalisée et jouée dans les différents quartiers de Montréal; suivi par une vidéo de la pièce pour distribution à l’ensemble de la population et un guide pour animer les groupes de discussion.
Le Centre des Femmes italiennes de Montréal, continue encore aujourd’hui sa noble mission et aider à promouvoir des initiatives, des conférences, des rencontres d’information, une bibliothèque et un centre de documentation, avec des activités éducatives, des actions collectives, une vie associative et des services.
En 2014, l’immigration n’existant plus dans la communauté italienne, il a fallu réfléchir à une nouvelle identité pour le centre. Et comptes tenus des changements de la société, il était donc évident de renommer de manière plus inclusive, Le Centre des Femmes Solidaires et Engagées.
Le travail de l’équipe, est soutenu par un engagement exemplaire, d’un dévouement persévérant et d’amour pour son prochain, sous la Direction de Pina Di Pasquale depuis 7 ans, a fait en sorte que le Centre des Femmes Solidaires et Engagées encore aujourd’hui, après 44 ans d’existence, continue sa mission et se propose, non pas seulement comme un Centre d’assistance, mais aussi comme une organisation qui offre aux femmes un lieu où elles peuvent se sentir comprises et encouragées à prendre des décisions importantes pour leur vie.
Ce Centre, est un lieu où on retrouve l’espoir quand tout semble perdu, où on aide les femmes à retrouver leur propre chemin, quand elles se sentent seules et abandonnées, où leur travail est apprécié et valorisé, où elles-mêmes se sentent valorisées.