Lettre ouverte: Au Québec, on tue des femmes.

Il ne s’agit pas de meurtre, non. On les poignarde, on les bat à mort et au passage on fait des orphelins.

Elles sont assassinées, sauvagement, parce qu’elles sont des femmes et des filles. Parce que dans la société dans laquelle on vit, il est encore acceptable de faire subir des violences aux femmes.

Il est temps de cesser de considérer les féminicides et les violences sexistes comme des faits divers sporadiques que l’on oublie après avoir posté une photo de ruban blanc accompagnée d’un hashtag populaire.

Tuer des femmes, à cause de leur sexe ou leur identité et expression de genre, n’est pas un événement anodin. C’est le résultat de violences systémiques, gracieuseté du patriarcat. C’est un symptôme d’une société malade qui gangrène dans l’indifférence générale.

13 féminicides depuis le début de l’année c’est assez, il faut agir, et vite !

Madame Guilbault, les services sont peut-être là mais ils sont loin d’être suffisants[1]. Vous ne le savez peut-être pas, mais le sous-financement chronique des organismes de première ligne, tels que les Centre de femmes et les maisons d’hébergement, ne permet pas d’assurer les services essentiels au moment où ça compte. L’offre de services et d’activités diminue alors que la demande ne cesse de croître et ce à une vitesse exponentielle depuis la pandémie.

Le féminicide est l’issue macabre d’une série de violences répétées et systémiques qui peuvent être psychologiques, physiques, financières, sexuelles, verbales, coloniales et spirituelles. Il est possible d’amoindrir les effets de la normalisation de la violence à travers de la sensibilisation et de l’intervention. Néanmoins, lutter contre les violences faites aux femmes nécessite des actions concrètes de la part de notre gouvernement. Il est plus que temps de faire sortir notre société de cet état de nature dans lequel on s’est enlisé.

 En ce sens, nous exigeons la mise en place des 190 recommandations énoncées dans le rapport du comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violences conjugales. Nous exigeons également l’instauration du principe de Joyce.

Nous avons tous et toutes un rôle à jouer car quand on perd l’une des nôtres, il est déjà trop tard.

À toutes ces femmes qui ont perdu la vie, on vous a dans la peau, on vous porte dans notre cœur. On ne vous oubliera pas.

À toutes celles qui vivent une situation de violence, le Centre des femmes solidaires et engagées est là pour vous. Nous vous croyons, nous vous comprenons et nous vous soutenons. On vous accueille les bras ouverts. On vous accompagne selon vos besoins, dans le respect de votre rythme.

Aujourd’hui plus que jamais, notre combat contre les violences faites aux femmes continue !

Solidairement,  

Les travailleuses du Centre des femmes solidaires et engagées

Pour signer la lettre :

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfLnlMQshLVmQ8rSj-Pwipjtf4uC2n6JuhWYO4Lqz7nytQn-w/viewform?usp=sf_link


[1] En référence à la déclaration suivante : « Les services sont là, mais malheureusement, il semble qu’on ne pourra jamais tout empêcher. »