Mon expérience au Centre des femmes solidaires et engagées (CFSE)

C’est quoi un centre de femme?

C’est un lieu accueillant où les femmes de tout âge vivant des situations diverses se rencontrent, s’informent, discutent, s’enthousiasment et agissent. En 1985, une cinquantaine de centres se sont réunis pour constituer un regroupement nommé l’R des centres de femmes du Québec.

Ma première expérience de bénévolat

La première fois que je suis allée au Centre des femmes solidaires et engagées, c’était en tant que participante pour le cours d’ordinateur, puis l’année d’après, je suis devenue bénévole pour la journée portes ouvertes, ensuite j’ai fait des appels téléphoniques pour le centre puisque je parle italien.

Qu’est-ce que ça m’apporte?

Je suis une personne qui se renferme sur elle-même. Mais faire du bénévolat au centre lors de la journée portes ouvertes m’a permis de surmonter ma peur de parler. Maintenant j’ai plus de facilité à parler.

Le centre de femmes m’aide à surmonter mes craintes et ne juge personne.
Donc, si vous voulez surmonter un problème, le centre de femmes est là pour vous!

Antonietta Lalli, actuellement membre du conseil d’administration.




La charge mentale et le travail invisible:

C’est aussi du travail!

En ce #1erMai, Journée internationale des travailleurs et travailleuses, rappelons que le travail invisible pèse encore lourd dans la vie des femmes!


Qu’elles soient au foyer, proches aidant·es, bénévoles ou mères occupant un emploi tout en assumant les tâches ménagères, l’organisation familiale et la charge mentale qui les accompagne, les femmes effectuent chaque jour un travail essentiel, mais peu reconnu.

À toutes les personnes qui s’identifient femmes : prenez 1 minute pour remplir le calculateur en ligne visant à documenter le nombre d’heures que les femmes passent chaque semaine à travailler gratuitement, au bénéfice de leurs proches et de la société québécoise. Vous serez peut-être surprise par le résultat!

#CestAussiDuTravail

https://rcentres.qc.ca/travail-invisible.html


Voici des exemples du travail invisible et de la charge mentale trop souvent portée par les femmes!

Tant qu’une de nous subit cette violence, nous resterons engagées :

Lettre à Noémie Lavoie, assassinée le 26 février 2019 dans Ahuntsic-Cartierville à Montréal

Chère Noémie,

Le 26 février dernier, nous apprenons ton décès. Nous, participantes, membres, travailleuses et administratrices du Centre des femmes solidaires et engagées, sentons la tristesse et la colère nous prendre au ventre. Tu as été assassinée, d’un coup de couteau au cou. Ton partenaire amoureux sera accusé le jour suivant.

Tu as 24 ans. Ta mère dit de toi que tu es pleine de vie, que tu fonces à 100 milles à l’heure. Tu as grandi au Saguenay, mais ta ville, c’est Montréal. C’est ici que tu as voulu te bâtir une vie. Malgré cela, tu es prête à quitter la ville que tu avais choisie pour fuir ton partenaire violent. Et c’est ici dans notre quartier, Ahuntsic-Cartierville, qu’un homme aura voulu exercer un contrôle total sur toi en t’enlevant la vie.

Nous savons que tu n’es pas la seule à avoir vécu des violences de la part de ton partenaire intime. Chacune d’entre nous, nous avons été touchées de près ou de loin par cette injustice sexiste. Nous l’avons vécue ou nous avons vu nos mères, nos sœurs, nos amies, nos collègues ou nos voisines tenter de se sortir d’une relation abusive. Au Québec, une femme sur 5 traversera ce même enfer. Pour certaines d’entre nous, la violence a même augmenté après avoir quitté un partenaire violent qui souhaitait maintenir son emprise sur nous.

Nos pensées vont à tes proches à qui nous offrons toutes nos condoléances. Ton décès nous fait mal. Il nous rappelle que tant que chacune d’entre nous ne sera pas libérée de la violence, aucune d’entre nous ne pourra réellement être libre. Il ravive notre colère devant les injustices sexistes qui perdurent. Il ravive notre soif de changement. Nous continuerons la lutte pour mettre fin aux violences envers les femmes. Nous ne t’oublierons pas.

Aux Noémie de ce monde : tu n’es pas seule. Le Centre des femmes solidaires et engagées est là pour t’aider à sortir de cette souffrance. Nous te croyons. Nous te comprenons. Que tu sois convaincue de quitter, fragilisée ou craintive, nous sommes là pour te soutenir. Nous t’accueillerons à bras ouverts, nous t’accompagnerons et respecterons ton processus.

Pour toutes les femmes d’Ahuntsic-Cartierville, nous unissons nos voix pour exiger un quartier sans violence, une ville sans violence et une société sans violence.

Centre des femmes solidaires et engagées : 514-388-0980 • info@cfse.cahttp://cfse.ca/fr/. Le Centre est situé au 1586 rue Fleury Est, porte 100 et est ouvert les mardis et mercredis de 8h30 à 17h00 et les jeudis de 8h30 à 21h00.


Les signataires

Lucia Bini
Claudette Boulianne
Gael Burton-Coté
Pina Campisi
Enza Cerrone
Line Chouinard
Jessica Cialdella
Houdelina Corrado
Marie-Josée Cornay
Maria D’Elia
Teresa De Cristo
Pina Di Pasquale
Gertrude Dumas
Carolina Eleazzaro
Maria Teresa Escobar
Armanthe Estiverne Bathalien
Maysoun Faouri
Jocelyne Forget
Sonia Fortini
Valeria Giannetti
Laurence Girard
Yanette Gonzales
Audrey Gosselin Pellerin
Giuseppina Gullaci
Josie  Iacono
Michelle Labrecque
Antonietta Lalli
Camille Laurent
Janelle LeBlanc
Marie-Christine Létourneau
Rita Malboeuf
Grace Martineau
Giovanna Mediati
Carole Michaud
Maria Morabito
Maria Napolitano
Antonina Pampena
Pina Panichella
Rolanda Pauletta
Ginette Poirier
Ana Pranjic
Yolette Richardson
Lucille Roy
Gina Ruscito
Mercedes Sànchez Balbuena
Maria Sglavo
Micheline Viau


Le CFSE dénonce des propos haineux et islamophobes

Des propos haineux ont été fait à l’endroit d’Eve Torres, une femme de confession musulmane et très active au sein de la communauté. Nous avons eu le plaisir de collaborer avec madame Torres à plusieurs reprises par l’entremise de son organisme la VOIE des femmes.

Nous invitons la communauté à suivre les pistes proposées par la Fédération des femmes du Québec pour dénoncer l’islamophobie subie par cette dame, et tant d’autres comme elle.

Voici ce que vous pouvez faire:

  1. Écrivez un message de soutien à la rédaction de TVA nouvelles.
  2. Signalez les propos haineux à la SPVM.
  3. Signalez les propos haineux à la Sûreté du Québec.

Lisez la publication originale ici:http://bit.ly/nonalislamophobie


40 ans de féminisme

Nous remercions Isa Iasenza, l’une des pionnière du Centre des femmes solidaires et engagées (à l’époque Centro Donne Montréal) pour ce témoignage.


Une histoire d’engagement et de passion : la création du Centro Donne Montréal

Le contexte des années 70

Au sein de la communauté italienne à Montréal, les années 70 peuvent être caractérisées par l’éveil des jeunes femmes de cette communauté face à leur condition féminine. C’est-à-dire qu’une prise de conscience a eu lieu de leurs droits, leur place dans leur communauté et de leur famille, la place occupée par leurs mères, de l’égalité entre les hommes et les femmes, etc.  On retrouvait cette nouvelle prise de conscience surtout chez des jeunes femmes qui avaient fréquenté l’université, mais dans une certaine mesure, aussi chez certaines travailleuses et femmes au foyer de la première génération d’immigrantes.

Ces jeunes femmes souhaitaient rompre avec le modèle de rôle traditionnel qui prévalait à cette époque, c’est-à-dire, se marier, avoir des enfants, obéir à son mari et à la belle famille (…). L’emprise des paroisses catholiques italiennes de l’époque était encore prévalente, tout comme les valeurs traditionnelles des parents de ces jeunes femmes et de la communauté en général (…). La plupart des journaux de la communauté italienne véhiculaient, non seulement ces valeurs traditionnelles, mais exprimaient des idées ouvertement sexistes. 

Il faut aussi se rappeler qu’un nombre important de femmes adultes d’origine italienne travaillaient dans le secteur du textile et manufacturier. Ces femmes travaillaient surtout dans des usines non-syndiquées, sans sécurité d’emploi, avec des conditions de travail difficiles. D’autres travaillaient à la maison avec leur machine à coudre et étaient payées selon le nombre de morceaux cousus. À l’époque, on considérait que les femmes d’origine italienne étaient isolées, ne connaissant pas leurs droits, ni les langues officielles et étaient soumises à leurs maris et à leurs familles.

C’est dans ce contexte que l’idée de créer un endroit d’échange, d’éducation populaire, de discussion, de rencontre et de conscientisation entre femmes d’origine italienne de Montréal a émergé.


« (…) il fallait convaincre le responsable que les femmes avaient aussi le droit de sortir de chez elles une fois par semaine. »

Un lieu pour les femmes d’origine italienne

À la fin des années 70, je travaillais en tant qu’intervenante communautaire dans le quartier St-Michel au Centre des services sociaux du Montréal métropolitain (CSSMM). Dans le cadre de ce travail, j’ai rencontré des groupes de personnes âgées, surtout des hommes, dans ce quartier qui se rencontraient régulièrement. Lors d’une de mes rencontres avec eux, il y avait la présence de trois ou quatre femmes.  En parlant avec elles, j’ai découvert qu’elles souhaitaient, elles aussi, avoir un lieu de rencontre et d’échange régulier pour sortir de leur isolement.

Avec la collaboration d’un président d’un club d’âge d’or, nous avons réservé un après-midi par semaine pour des rencontres destinées aux femmes du quartier St-Michel. Cette collaboration est venue seulement après de multiples négociations et échanges, car il fallait convaincre le responsable que les femmes avaient aussi le droit de sortir de chez elles une fois par semaine. La première rencontre a eu lieu avec la participation d’une vingtaine de femmes prêtes à vouloir créer un espace à elles. Après une certaine démarche et plusieurs rencontres nous avons créé  l’Association des Femmes de St-Michel. Mon travail auprès de ce regroupement de femmes d’origine italienne deviendrait la base de recrutement des femmes du quartier St-Michel pour les activités du Centro Donne.

Par la suite, j’ai rencontré, par hasard, une personne faisant partie d’un collectif de jeunes militants d’origine italienne nommé Il Collettivo. Ceci a déclenché une conversation avec les femmes de ce groupe, où est née l’idée de créer un centre pour femmes d’origine italienne. J’étais la personne qui a réalisé la rencontre entre les jeunes militantes féministes du Collettivo et les femmes de l’Association de St-Michel (…) qui a donné naissance au Centro Donne Montréal.

Plusieurs mois de travail d’organisation intense ont suivi pour arriver à son inauguration en juillet 1978 sur le boul. St-Michel. Le centre a ouvert avec deux employées à temps plein et un budget pour couvrir les dépenses du loyer et des activités.

Un début difficile

La création du Centro Donne était, en fait, la mise en commun des membres de deux groupes, les femmes du Collettivo et les femmes de l’Association de St-Michel, qui souhaitaient promouvoir la condition féminine des femmes de la communauté italienne.

Cette mise en commun ne fut pas faite sans heurt. Des visions différentes s’affrontaient. Par quoi fallait-il commencé? Certains membres souhaitaient que le Centro Donne soit un lieu de conscientisation et d’action politique et sociale.  D’autres souhaitaient plutôt un centre d’aide, d’entraide et d’éducation. Quoi faire? Comment le faire? Avec quels moyens?

De plus, il fallait aussi répondre aux bailleurs de fonds qui avaient leurs propres exigences

La réalisation d’un projet collectif et novateur

Les femmes qui ont décidé de poursuivre le travail amorcé, malgré les difficultés du début, ont travaillé très fort pour bâtir un lieu d’échange, de discussion et de services avec, et pour, les femmes d’origine italienne. Avec le temps et de la réflexion, les activités et les services se sont clarifiés. Le Centro Donne a trouvé un équilibre qui lui a permis de réaliser des activités et des programmes qui étaient originaux et qui répondaient à un ensemble de besoins des femmes d’origine italienne de différents groupes d’âge et de condition sociale.

Une expérience unique et enrichissante 

Pour moi, cette expérience a été riche en apprentissage et en émotions. Je n’oublierai jamais les personnes avec lesquelles j’ai partagé cette étape de ma vie. Toutes étaient des femmes extraordinaires et généreuses. Je garde un beau souvenir de cette expérience et de ces personnes. Je suis fière d’avoir fait partie de cette belle histoire qui se poursuit encore à ce jour. Quarante ans plus tard, malgré les avancées de la condition féminine, les défis demeurent et l’engagement est encore nécessaire. Je souhaite que les jeunes femmes continuent la lutte qui mènera vers l’égalité entre les femmes et les hommes de notre société.

Isa Iasenza

Co-fondatrice du Centro Donne Montréal et membre du conseil d’administration de 1978 à 1984

Montréal, juin 2018


Journée portes-ouvertes


BIENVENUE À TOUTES LES FEMMES DE TOUTES ORIGINES !

Vous voulez développer de nouvelles compétences? Acquérir de nouvelles connaissances? Le tout dans un climat amical et chaleureux?

Venez découvrir la programmation hiver-printemps 2019 du Centre des femmes solidaires et engagées, rencontrer les travailleuses et le Conseil d’administration !

Au menu cet hiver : Cours d’ordinateur atelier de conversation (FR, ANG et italien), conférences, ateliers, sorties, comités, bénévolat, implication citoyenne.

Nos services et activités sont offerts en français, anglais et italien.

Présentation de la programmation hiver-printemps à 14h30 et 18h30. Des périodes d’inscriptions suivront les deux présentations.

Un léger goûter sera servi.

Au plaisir de vous y voir en grand nombre !

Questions? Contactez-nous (514) 388-0980 ou info@cfse.ca


Centre fermé pour les fêtes

L’équipe et le Conseil d’administration vous souhaitent de joyeuses fêtes!


Veuillez noter que le Centre des femmes solidaires et engagées sera fermé du 17 décembre au 4 janvier, inclusivement. Nous serons de retour le 7 janvier à 8h30.

Pour un service en lien avec la violence conjugale, 24 heures et anonyme, veuillez contacter SOS Violence conjugale au 1 800 363-9010. Pour tout autre service, communiquez avec Tél écoute au (514) 493-4512 (disponible de 10h à 22h, 7 jours sur 7). En cas d’urgence, veuillez contacter le 911.


Violences sexuelles et traite humaine

::INVITATION AUX FEMMES:: INSCRIPTIONS NÉCESSAIRES::

Dans le cadre des 12 jours d’actions contre les violences faites aux femmes, le Centre des femmes solidaires et engagées a l’honneur de vous présenter deux conférences suivies d’une discussion et mise en commun des pistes de solutions et de prévention.

SUJETS:

1) LES VIOLENCES SEXUELLES
Conférence animée par Ariane Litalien, co-fondatrice de Québec Contre les Violences Sexuelles. Elle même survivante de cette violence, elle nous racontera son histoire et l’importance de son implication.

Qui est Ariane Litalien ?

Bio: « Originaire de Sorel-Tracy, Ariane a vécu une agression à caractère sexuel sur le campus de l’Université Harvard alors qu’elle en était à sa troisième de baccalauréat. Après avoir dénoncé son agresseur, qui vivait dans sa résidence, Ariane s’est battue pour dénoncer l’inaction de l’université face à la situation. En mars 2014, elle a publié un essai, intitulé « Dear Harvard: You Win, » qui a reçu une couverture médiatique nationale aux États-Unis. Depuis, Ariane a contribué à un projet de loi américain donnant des droits civils aux survivants d’agression à caractère sexuel aux États-Unis. Ariane a également contribué à un livre, « We Believe You, Survivors of Campus Sexual Assault Speak Out, » et partagé la scène avec Lady Gaga pour dénoncer la violence sexuelle sur les campus à la cérémonie des Oscars en 2016. Ariane est présentement étudiante en deuxième année de médecine à l’Université McGill » (Source: http://www.quebeccvs.com/leadership-1/).

2) LA TRAITE HUMAINE: PERSPECTIVE LOCALE DANS UN CONTEXTE GLOBAL

Conférence animée par « En Marche! », une initiative solidaire au Freedom Relay Canada à Montreal crée en 2013.

Ils nous guideront vers une meilleure compréhension des facteurs de risque et de vulnérabilité, et nous aideront à identifier des pistes de solution et des ressources adaptées à différents scénarios, dans le but de renforcer les facteurs de protection.

Inscriptions obligatoires: (514) 388-0980